Jérôme Berthelot, comédien

Casse-pipe

«Hier je suis allé voir ce spectacle sur invitation de Sandrine Lefebvre. Superbe ! Amis programmateurs je vous le conseille. C'est à mi-chemin entre le théâtre et le conte. Ce texte rude de Céline est dit avec les tripes par cet excellent comédien que j'ai découvert, Jérôme Berthelot de la Comédie de l’Éperon, ponctué par le talent de violoncelliste de Sandrine du duo Cellosubito. J'ai bu ses paroles, je voyais le décor, j'imaginais les personnages… bref, j'y étais !»
Bernard Gautier

«Jérôme et Sandrine nous ont transportés, l’un par son interprétation magistrale, l’autre par sa sensibilité musicale accompagnant ainsi très justement le texte de Céline composé à la fois de passages d’une très grande âpreté et d’une poésie infinie.»
Pascale Mulot, médiathèque d’Angoulins

Pour accompagner ce texte étonnant, plein de turbulences, de truculences, de saillies, d'inventions verbales il fallait  une musicienne  accomplie, pleine d'audace, curieuse de voies nouvelles et qui possède à merveille l'art de l'improvisation. Sandrine Lefebvre aime passer les frontières, unir son univers à celui du théâtre,  elle ressent ce secret désir qu'ont les mots d'être plus vastes, de se muer en musique,  de laisser au coeur un plus profond sillage.

Accompagnatrice déjà de deux spectacles de théâtre, elle  dit oui tout de suite au comédien inconnu d'elle qui frappe à sa porte. Tout de suite elle  fait des propositions, ce travail musical sur des mots qui sont déjà presque musique l'enthousiasme, les jubilations verbales de Céline sont l'invite heureuse à utiliser toutes les ressources du violoncelle.  Entre le comédien et la musicienne, la complicité est née d'emblée, le spectacle s'est bâti tout à la fois théâtre et concerto. Là où les mots ne peuvent plus dire, le violoncelle les fait jaillir de leur gangue, déploie leur frénésie, incarne leurs mystères, prolonge leurs envoûtements. C'est une alchimie. Le tremblement des feuilles sous les gouttes de pluie, la cataracte des chevaux échappés qui se ruent dans le noir, le pas des hommes arpentant la cour, leurs odeurs, leurs conciliabules, leurs émois, leurs fatigues, la vibration des cordes nous en livre la folle complainte et l'entêtante rumeur.

Il fallait Jérôme Berthelot pour sortir ce texte de l'ombre, pour avoir l'audace de le porter au jour. Il fallait un comédien amoureux des mots, de ceux qui vous arrêtent, qu'on n'en finit plus d'interroger, stupéfaits de leur nouveauté, du génie inventif inépuisable qui les habite.

Auteur et comédien, Jérôme Berthelot est l'être le plus doux, le plus discret du monde. En scène, s'opère la métamorphose, le tranquille devient l'impétueux, le modeste irradie, le tranquille se déchaîne.

Pour quiconque le pratique, ce garçon, comédien naturel qui s'est formé à sa propre école, dédaignant maîtres et stages, est une source continue d’étonnement. Habité d'un génie comique dont le texte le plus tragique aussitôt se colore, il vit en solitaire et ne se dévoile qu'en scène, traversant la vie sur la pointe des pieds, de peur d'éveiller les compliments ou de blesser les brins d'herbe.

La nuit démente du Casse-Pipe est un songe parmi des ombres qui se déforment, un voyage initiatique dans  un  monde grotesque, une sorte d'animalerie où les hommes apprennent à devenir des soldats. Les mots s'adaptent à l'invraisemblable, se déguisent, se maquillent, s'inventent, tirent, de la stupeur des visions, de prodigieuses drôleries, la musique amplifie l'étrange, déploie la fantasmagorie d'une nuit de carnaval où parfois, dans ce monde aux repères brouillés, à l'humanité perdue, résonnent de lointaines tendresses.
Jean-Marie Bréhier

Comédien : Jérôme Berthelot
Violoncelliste : Sandrine Lefebvre

> Dossier de présentation en PDF

Documentation
Editions Gallimard :
www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio/Casse-pipe-suivi-de-Carnet-du-cuirassier-Destouches

Lire Céline aujourd'hui. Séminaire doctoral de Julia Kristeva :
www.kristeva.fr/seminaire.html

Des hommes, des chevaux et de la guerre dans Casse-pipe d'Agnès Hafez-Ergaut :
http://rha.revues.org/7795